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(Essai par Joëlle)

La Ducati Streetfighter 848 est la “petite sœur” de la sulfureuse Ducati Streetfighter 1098.

Sur le parking

Au premier regard, je suis sous le charme, avant même de l’avoir essayée. Avec sa robe et son cadre rouge, elle est de toute beauté: elle est magnifique. Esthétiquement, je la trouve très agressive, avec beaucoup d’angles, comme si elle avait été taillée à la serpe. On la sent prête à l’attaque.

La clé est dans le contacteur, la pompe se lance, et j’appuie sur le bouton magique: les deux échappements rassemblés du côté droit laissent entendre un feulement rauque. Rien qu’au bruit, on commence à se douter de ce qui nous attend. La bête tourne au ralenti, j’en profite pour enfiler mon casque et mes gants.

Je monte sur la Ducati StreetFighter 848 et là, bonne surprise: malgrè une hauteur de selle de 840 mm, mes pieds touchent le sol. Bon d’accord, je suis sur la pointe, mais ça va quand même. En me déhanchant un peu, j’arrive même à mettre un pied à plat sur le sol, sans être déstabilisée par le poids de cette moto qui ne pèse que 199 kg, tous pleins faits.

Sur la route

Je range la béquille, enclenche la première. Tiens, il n’y a pas de “clong”! Je lâche progressivement l’embrayage, accélère et pars tranquillement les premiers mètres, le temps de trouver mes marques.
Premier arrêt au stop: j’effleure le levier de frein, et m’aperçois que le freinage est très puissant: je m’arrête sans problème, contente de ne pas y être allée trop fort.
Personne à l’horizon, et c’est parti. Un grand moment de bonheur s’offre à moi. Sans même m’en rendre compte, je suis déjà à 70km/h dans le village, alors que je n’ai pas eu le temps de passer la seconde. Maintenant, c’est trop tard, et je continue sur ma lancée. D’autant qu’elle en redemande toujours, comme si elle n’avait pas de limites.
Je sors du village, deuxième, troisième, un coup d’œil sur le compteur: 130 km/h. Oh la vache! et je n’ai rien senti. Elle ne m’a jamais prise par surprise, pas d’à coups, pas de déploiement de cavalerie intempestif. Tout reste maîtrisable sans peine.
Des enchainements de virages se profilent. Je relâche un peu la poignée de gaz, mais finalement je me dis que j’ai eu tort. Elle est d’une rigidité à toute épreuve. Je la place très facilement sur sa trajectoire, et elle n’en bouge pas. Je me permets alors quelques accélérations en sortie de courbe sans jamais me faire surprendre. Le moteur en demande toujours plus, et moi aussi.
Mais tout à coup, une pensée traverse mon esprit. N’aurions-nous pas, par hasard, le système de permis le plus répressif d’Europe? Je ralentis un peu, et tente de traverser le village voisin à 50 km/h. Impossible! Je n’arrive pas à descendre en dessous des 70 km/h. Bon, je croise les orteils qu’il n’y ait pas une boite à images, et je sors de ce piège pour repartir à l’attaque des petites routes viroleuses qui me tendent les bras. A certains endroits le revêtement est loin d’être parfait, et je le ressens directement, la moto n’étant pas très souple. Par contre, elle ne se dandine pas, ne louvoie pas, en un mot, elle ne bouge pas. C’est vraiment très sécurisant.

Un petit coup d’œil à l’horloge: il est temps de rentrer, l’essai est fini. Je me fais bouchonner par des voitures , et ce n’est peut-être pas plus mal. De retour à la concession, je cherche la béquille du talon. Elle est assez mal placée, trop près du cale-pied,  et je dois m’y reprendre à plusieurs fois avant de la positionner. Je coupe le moteur, descends de la moto et enlève mon casque. Je la quitte des yeux à regret et rentre dans la concession rendre les clés.
- Alors? me demande mon concessionnaire le sourire en coin. Je reprends ton Hypermotard?
- Ben heu, je ne sais plus. En fait si! Je l’achèterai quand le permis à point aura disparu. Sinon je ne pourrai en profiter qu’une journée, et ce serait dommage.

Conclusion

C’est une excellente moto avec laquelle j’ai pris énormément de plaisir. J’adorerai l’avoir dans mon garage, mais étant incapable d’être raisonnable et n’aimant pas du tout avoir les yeux constamment sur le compteur, je préfère pour l’instant rêver d’elle. Cet essai m’a tout de même laissé entrevoir qu’elle serait parfaitement adaptée à du pilotage sur circuit…

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Texte : Joëlle De Souza / www.quitterie.fr
Date de l'essai : mars 2012
Concessionnaire : Puissance Rouge, Avenue Marcel Paul, 24750 Boulazac